Cheryl Strayed, « Wild »

Wild blog

8 sur 10

À 15 ans, je n’avais jamais quitté l’Europe mais je ressentais déjà un profond besoin de voyager. Quand, dix ans plus tard, mes envies se sont concrétisées, j’ai compris, petit à petit, à quel point la marche et la découverte d’une kyrielle d’ailleurs allaient jouer un rôle fondamental dans mon évolution personnelle. C’est donc tout naturellement que je me suis offert Wild, le récit d’un projet fou : à 26 ans, Cheryl Strayed décide de mettre de l’ordre dans sa vie dissolue en traversant le Pacific Crest Trail, un immense sentier de randonnée aux États-Unis. Je me suis plongée dans ce livre en espérant y trouver d’autres mots que les miens, qui réussissent à exprimer l’importance du voyage.

envie

Lorsque sur un coup de tête, Cheryl Strayed enfile son sac à dos, elle n’a aucune idée de ce qui l’attend. Tout ce qu’elle sait, c’est que sa vie est un désastre. Entre une mère trop aimée, brutalement disparue, un divorce douloureux et un lourd passé de junky, Cheryl vacille. Pour tenir debout et affronter les fantômes de son passé, la jeune Cheryl n’a aucune réponse, mais un point de fuite : tout quitter pour une randonnée sur le  » Chemin des crêtes du Pacifique « . Lancée au cœur d’une nature immense et sauvage, seule sous un sac à dos trop lourd, elle doit avancer pour survivre, sur 1700 kilomètres d’épuisement et d’effort, et réussir à atteindre le bout d’elle-même. Une histoire poignante et humaine, où la marche se fait rédemption.

Mon avis

J’ai aimé ce récit dès les premières lignes. Le prologue se déroule en plein milieu du périple de Cheryl. Scène de rage, de libération, aussi. Un très beau passage qui rassemble à lui seul la plupart des éléments que j’ai préférés dans le livre : la douleur physique décrite avec précision, les émotions, la fragilité doublée d’une indéfectible envie d’avancer ; l’immensité de la nature, décrite dans tout ce qu’elle a de plus puissant et majestueux.

Premier flash-back. Cheryl nous parle de la maladie foudroyante de sa maman. Avec un langage simple et touchant, elle raconte l’annonce du diagnostic, sa souffrance et celle des siens. Et c’est parti pour plus de 400 pages qui oscillent entre la randonnée sur le PCT et les souvenirs, qui éclairent progressivement la situation de la jeune protagoniste. Ces retours en arrière sont très émouvants car ils décrivent sans fausse pudeur ni complaisance les différents événements qui ont fait de Cheryl celle qu’elle est aujourd’hui ; celle qu’elle ne veut plus être. Je craignais que tous ces flash-back m’empêchent de réellement m’immerger dans la trame principale, mais il n’en est rien. Ils sont racontés avec une telle sensibilité qu’ils augmentent justement la puissance du roman.

J’ai par contre un sentiment mitigé quant à la narration de la randonnée. Les passages décrivant la nature, les étapes franchies une par une, et le vécu de Cheryl sont écrits avec beaucoup de justesse et de poésie. Ils rendent un vibrant hommage à la nature, à sa puissance et à son pouvoir de renvoyer chacun, chacune à soi-même. Face à la nature et aux animaux, Cheryl est tantôt poussée dans ses derniers retranchements, tantôt émerveillée par la magie des lieux qui l’entourent. Cependant, j’ai beaucoup moins aimé le traitement des nombreuses rencontres qu’elle effectue lors de son périple. Trop nombreuses sont ces personnes dont elle parle sans m’avoir fait comprendre leur importance. Je n’y ai souvent perçu qu’un caractère anecdotique qui ne rajoutait rien ni à l’histoire ni à ma meilleure compréhension du cheminement intérieur de la narratrice. Cela m’a frustrée car je m’attendais à lire un roman où l’introspection avait une place réellement prépondérante.

Ce bémol a cependant été presque effacé par la fin magnifique qui éclaire également d’une nouvelle lumière certains passages. Je ne vous révélerai bien entendu ni cette fin, ni la dernière phrase, qui m’a tout simplement éblouie. Mais je vous encourage vivement, si le cœur vous en dit, à vous laisser entraîner dans cette belle aventure littéraire !

conclusion

À trop attendre de ce roman, j’ai été très, très légèrement déçue car j’espérais un roman initiatique dans sa forme la plus pure avec une plus grande place laissée à l’introspection et à l’analyse des sentiments. Mis à part ces quelques passages qui m’ont laissée indifférente, j’ai adoré tout le reste du roman, que je relirai, je pense, dans quelque temps, afin d’en savourer à nouveau chaque mot à sa juste valeur.

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3 réflexions sur “Cheryl Strayed, « Wild »

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